Stage de Tui-shou et sol avec Sean Wood 27-28 octobre 2018

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C’est avec un très grand plaisir que nous recevrons une nouvelle fois Sean Wood, enseignant de Taijiquan, et Ving Tsun dans la région de Lille. Sean est un pratiquant de longue date et un enseignant de grande qualité.

Le stage s’articulera cette fois autour de deux axes différents mais complémentaires : Le Tui-shou du Taijiquan (samedi) et les amenées au sol et soumissions (le dimanche).

Samedi 27 octobre : Tui Shou

Nous explorerons diverses facettes et formes de « Tui-shou », autrement appelé « Poussées des mains » ou Push hands ; des traductions qui ne restituent pas vraiment l’ensemble des capacités travaillées lors de ces exercices : à la fois exercices de développement de la sensibilité tactile et de l’écoute de l’autre (« Ting Jing »), moyens de tester notre propre structure et notre capacité à la conserver sous une pression croissante, outils de travail des 8 potentiels de base du Taijiquan, et de développement des capacités de Coller et Suivre (« Zhan Nian Lian Sui »), méthodes tactiques de pont et d’entrée, et porte vers le travail libre (« San shou ») : ce sont des exercices très riches, aux nombreuses variantes, qui permettent d’entrer progressivement dans la dimension « martiale » du Taijiquan.

Ce stage est ouvert à tous et bénéficiera particulièrement aux pratiquants de tous styles de Taijiquan et d’arts martiaux.

Ci-dessous, Sean Wood en travail libre de Tui Shou avec le Maitre de Taijiquan Wu Shen Tiegen

 

Dimanche 28 octobre : Amenées au sol.

Nous avons eu l’occasion d’étudier avec Sean les bases de la défense au sol. Nous travaillerons cette fois plus spécifiquement les amenées au sol suivies de soumissions. Un travail qui vient en droite ligne de Tim Cartmell (USA) avec qui Sean étudie depuis de nombreuses années. Les techniques, stratégies et exercices étudiés durant cette journée combinent le répertoire des arts martiaux chinois internes (Xingyi, Bagua, Taijiquan) et du Grappling.

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Ce stage est ouvert à tous mais il est nécessaire de savoir chuter correctement.

(Tim Cartmell nous fera l’honneur de nous rendre visite pour un stage exceptionnel en mars 2019… A suivre !)

En pratique :

Lieu : Dojo du CAL de Huelgoat (29)

Stage complet : 50 euros

Une journée : 30 euros

Horaires : 10h-12h30 / 14h30-17h30

Renseignements et inscriptions : 06.48.00.69.36

Mail : ercloarec@gmail.com

pré-inscriptions souhaitable.

 

 

 

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Rentrée 2018

Le point sur les activités et un premier calendrier des stages de l’année :

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  • Cours hebdomadaire de Hsing-I-Chuan

    (Xingyiquan) le jeudi soir à Berrien (Maison du Gouren) : 19h-21h : REPRISE LE 20 SEPTEMBRE.

        Le cours est ouvert à tous à partir de 16 ans. Hors compétition.

  • Cours hebdomadaire de Taijiquan et Qi-gong  le mardi de 11h à 13h au CAL à Huelgoat

  • Créneaux de pratique libre et Bases Combat dans la semaine.
  • Stages mensuels à Huelgoat ou Berrien (29)

  • samedi 22 septembre : Hsing-I-Chuan
  • samedi 27 et 28 octobre : stage exceptionnel avec Sean Wood  (Tui-shou et Sol)
  • samedi 24 novembre : Hsing-I-Chuan et Bases Combat
  • samedi 8 décembre : Hsing-I-Chuan et Bases Combat
  • samedi 5 janvier : Taijiquan et Bases Combat
  • samedi 23 février : Hsing-I-Chuan et Bases Combat
  • samedi 9 dimanche 10 mars 2019 : Stage exceptionnel avec Tim Cartmell
  • samedi 27 avril : Hsing-I-Chuan et Bases Combat
  • samedi 25 mai : Taijiquan et Bases Combat
  • samedi 29 et dimanche 30 juin : Stage de fin d’année : Taijiquan/ Hsing-I / Bases Combat

 

Renseignements et inscriptions : Erwan au 06.48.00.69.36

 

Yashima, naissance d’un nouveau magazine

C’est avec un grand plaisir que je relaie ici la naissance prochaine d’un nouveau magazine consacré aux arts martiaux et traditions du Japon : Yashima.

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C’est un sacré pari de lancer un journal papier, qui plus est plaçant la barre très haut tant dans l’exigence de qualité des contenus, que dans la forme (photographies, mise en page, graphisme…). A l’heure où l’on nous assène du matin au soir que le tout numérique est inéluctable, le choix d’un journal papier pourrait même apparaitre comme une sorte de baroud d’honneur de l’écrit papier avant son extinction totale. A l’instar des pratiques martiales « traditionnelles » dont on annonce le déclin, voire la disparition programmée à plus ou moins long terme, il y a quelque chose de noble et de flamboyant à prendre à rebours l’apparente « marche de l’histoire ». Pour ma part,  sans être un traditionaliste, je crois qu’il est possible de parler, de vivre et faire vivre les arts traditionnels intelligemment, avec discernement, rigueur et distance tout à la fois. Je ne peux donc qu’applaudir et soutenir l’initiative de Yashima. Les arts martiaux méritent une presse de haute tenue, qui ne cède pas à la facilité du clinquant, du simpliste, du « prêt à penser ». Certains des fondateurs de Yashima ne me sont pas inconnus, notamment Leo Tamaki, dont la présence à elle seule suffit à me convaincre que le résultat sera à la hauteur des ambitions affichées.

Pour autant, il ne faut pas négliger le coût réel que représente un projet tel que celui-ci, qui ne peut exister sans le soutien moral et financier des lecteurs. Yashima a fait le choix d’un lancement par financement participatif, un de ces nouveaux usages de financement que permet Internet (mais qui existait aussi dans le « monde d’avant »).

Je vous invite donc chaudement à contribuer à cette belle initiative.

L’article de Leo Tamaki présentant en détail le projet

Le lien vers la plate-forme Ulule

Mais que devient la Pratique Sauvage?

Certains l’ont peut-être remarqué, j’ai disparu d’un certain réseau social il y a quelques mois, tel un ninja du dimanche. Pour toutes les meilleures raisons qu’on puisse imaginer, et tant pis si je j’ai du pour ça renoncer à la  pressante euphorie quotidienne d’être « connecté ». Elle pesait trop lourd dans la balance des heures. Bref. Peu importe. Je mentirais en disant que ça ne me manque pas un peu, toute cette agitation, et ces petites gratifications quotidiennes aussi dérisoires étaient-elles. Aucun regret pourtant.

De même, les publications sur la Pratique Sauvage se sont espacées au fil des ans, les articles affinés comme des vieux fromages, le propos semble peut-être s’être dilué quelque peu. A tel point que je me suis moi-même demandé si cela avait encore un sens de continuer.

Et puis en me posant cinq minutes, en regardant en arrière vers ces années écoulées, je me suis rendu compte que je n’avais pas trop dévié de mon cap. J’ai arpenté les sentiers que je me proposais d’arpenter. Je me suis égaré par moments, j’ai du faire demi-tour et revenir sur mes pas. Il m’est même arrivé d’écrire des conneries, si si. Revenir à la carte, procéder à de menus ajustements, raturer, ajouter, corriger en tirant la langue. Mais l’ensemble se tient. J’ai laissé de coté les grandes théories sur la pratique martiale. Non que je renie les quelques textes que j’avais pondus aux débuts prolifiques de la Pratique Sauvage. Je me suis juste occupé à vérifier que tout ça n’était pas pure fantaisie. Rencontrer quelques unes des figures de mes bestiaires, épuiser les mots, me coltiner avec mes propres limitations, trucider quelques licornes…oui je sais c’est un peu tiré par les cheveux…j’ai encore du boulot…

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Bref, essayer être dans la pratique, plutôt que d’en parler. Mais tout ceci ne dit pas où j’en suis.

Professionnellement en phase de mue…j’ai décidé, sur les conseils de Descartes de me rendre maitre et possesseur de la nature, et  domestiquer au passage le Sauvage qui se tapit en moi.

Plus sérieusement, étudier la voie une binette dans une main, un stylo dans l’autre, bouger quelques heures par jour à la façon du tigre, de l’alligator, du dragon ou du bipède post-moderne quinquagénaire vieillissant, tremper le tout le plus souvent possible dans une eau salée et agitée de vagues. Rendre compte quand ça lui chante et à qui veut bien lire, de toute cette sauvagerie.

Allez au boulot

 

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Allez, un petit dessin de l’ami Seamus, il y a bien longtemps sur l’ile des Saints et des Poètes…

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Gao Baguazhang par Zhang Junfeng

Je ne résiste pas au plaisir de publier ce document exceptionnel, arrivé sur YT il y a quelques heures à peine (Thanks Mr Schott…)

On y découvre Zhang Junfeng, de Taiwan, qui enseigna notamment aux frères Hung, passant en revue l’essentiel du système du Gao Baguazhang, les Ji Ben Shou Fa et Tien Gan (fondations), les Xian Tian (formes circulaires) et les Hou Tian (64 formes en ligne)…

Un témoignage exceptionnel sur cette tradition, où l’on perçoit clairement que le Bagua n’est pas conçu comme un art de performance ou de démonstration mais où la pratique sert avant tout à développer des aptitudes au combat. Observez (entre autres) les angles, les formes de mains, le rythme, et le mouvement général de l’ensemble du corps dans chaque déplacement…régalez vous !

Cultiver la force de vie

Une traduction d’un extrait de l’excellent  livre « Xingyi Neigong », par Dan Miller et Tim Cartmell, sur les méthodes de Neigong (travail interne) du Xingyiquan.  J’avais publié cette traduction il y a quelques années, et je viens de la retrouver… toujours autant d’actualité !

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Bien que les postures et les mouvements du Xingyiquan puissent varier d’un style à l’autre, ils se conforment tous à des principes naturels (incluant les lois de la physique, la mécanique corporelle, les flux d’énergie physique et mentale, etc). Le corps et l’esprit ne sont jamais forcés et ne devraient jamais subir trop de tension. La santé est perçue comme la base de la puissance martiale. Les maitres de Xingyiquan disaient souvent que l’exercice doit doit être wei sheng, protéger la vie (en langage commun, wei sheng signifie « hygiénique »). Le sens le plus général de ce concept est que tout entrainement physique et mental devrait cultiver la force de vie et construire la santé. Les maitres de Xingyi voyaient les formes extrêmes de conditionnement et d’entrainement qui augmentent la puissance martiale au détriment de la santé générale ou qui abiment l’intégrité des tissus corporels comme stupides et finalement contreproductives. Les formes d’entrainement qui impliquent une respiration forcée, le conditionnement en frappant le corps avec des objets durs et le surentrainement d’une partie du corps comme « arme », aboutissent souvent à une diminution de la santé et de l’efficacité.

Par contraste, les méthodes de Xingyiquan insistent sur le fait que tout entrainement à la puissance martiale doit en même temps cultiver la force de vie et construire la santé. Dit simplement: les gens qui sont affaiblis par la maladie ou un entrainement déséquilibré n’ont pas la force ou l’énergie suffisante pour combattre. Cela semble tellement évident qu’il parait ridicule de le rappeler; pourtant beaucoup de gens s’engagent dans des formes d’entrainement qui tout en développant une efficacité dans un domaine précis, les éloigne des effets bénéfiques généraux pour finalement les déposséder de leur vitalité et et de leur capacité à combattre. Les postures et les mouvements du Xing Yi Quan insistent tous sur la santé et le renforcement du corps comme base de la puissance martiale. Un autre bénéfice pour la santé vient du fait que maintenir les postures statiques s’apparente à une forme de méditation. L’esprit se calme, se concentre et est unifié avec le corps. Cela réduit l’activité nerveuse du système sympathique (qui est actif durant l’excitation de l’activité nerveuse type « combattre ou fuir » ; « Fight or fly »: ndt) et permet l’apparition de ce que le chinois nomme « ru Jing » (entrer dans l’immobilité, ou le calme) et qui est connu en occident comme le mécanisme de relaxation (litt : réponse de relaxation). Le corps est en mouvement tandis que l’esprit se repose. Il est possible que l’on n’ai jamais à utiliser ses compétences martiales « pour de vrai » au cours de sa vie, mais chacun doit vivre avec son état de santé chaque jour. Il parait donc pertinent de pratiquer un système qui développe et la santé et l’ habileté martiale. La pratique du Xingyiquan développe les deux en même temps. Bien qu’aucune pratique ne constitue une panacée à tous les maux, ni ne fasse de nous des supermen ou superwomen, si la méthode d’entrainement à laquelle nous choisissons de nous consacrer ne nous permet pas de cultiver notre « force de vie », de construire notre santé et de nous donner la vitalité nécessaire à réaliser nos objectifs, il y a de grandes chances que ce soit une perte de temps.